Merzouga, Maroc: Mardi 20 Mars 2007 - Après midi

Nous reprenons donc la marche avec un groupe au complet.

De nouveau sur le reg, avec quelques poches de sable ici et là, je remarque des millions de cailloux sur le sol, notamment des bouts de quartz. Je commence ma collecte. Quand je marche dans le désert, je ramène toujours deux choses, un peu de sable et des cailloux.
Ramener du sable peut paraître un peu étrange, du moins c'est que je pensais jusqu'à que je remarque que le sable n'a pas toujours la même couleur.

Avant de partir en Tunisie il y a 2 ans, une personne m'avait de lui rapporter du sable. Je lui demandais la raison, et elle me répondit que c'était pour son lézard. Elle me demandait l'équivalent d'une grande bouteille d'eau, car c'était un gros lézard !
J'ai finalement pris 2 échantillons de sable, en deux endroits différents. J'ai répondu à sa demande seulement le dernier jour, car le sable devient lourd à porter au fil des jours ! C'est à ce moment là que j'ai vu que le sable était beaucoup plus rouge que celui emporté depuis les premiers jours.
A fortiori, quand une couleur se détache d'une autre à l'œil nu, il est fort à parier que le grain de sable sera de couleur différente si on effectue des prélèvements dans chaque zone.
Le souci, c'est le contenant … il faut prévoir des récipients suffisamment robustes pour résister au transport par chameau et dans la soute à bagages, mais pas trop lourds.

Les cailloux, ça toujours été le cas lors de mes précédents voyages à Maui (un bout de lave du cratère Haleakala), en Californie (bois pétrifié), etc…

Bref, au loin, un plateau peu élevé se détache. Une sorte de dorsale noire se détache de la couleur du sable. Zaïd nous indique qu'il s'agit de blocs de marbre contenant des fossiles marins (nautiles, ammonites entre autres). Effectivement, sur certaines pierres la vie d'autrefois apparaît à nos yeux. Malheureusement, on ne reste pas assez longtemps pour découvrir de beaux spécimens. Néanmoins, je m'efforce de collecter quelques pierres, si possible de taille raisonnable, pour ma collection personnelle, et les montrer aux personnes qui ne connaissent pas le désert.

Je n'ai pas une grande expérience du désert, seulement 3 voyages à ce jour dans le Sahara uniquement. Pourtant, j'essaie toujours de ramener des souvenirs, qui permettront aux personnes à qui je raconte mes aventures, de leur donner envie de faire comme moi. Enfin, je l'espère à chaque fois… Aussi, j'essaie de corriger leur vision fausse des contrées, des peuples, des cultures que je rencontre et apprend à connaître.

Ainsi, je n'ai jamais eu énormément d'attirance pour les cultures musulmanes. Du moins, jusqu'à ma première immersion saharienne, en Tunisie.
Marcher avec des guides locaux, ça n'apporte pas les mêmes choses qu'avec des ressortissants français, qui même après 10 ou 20 ans passés dans le pays n'auront jamais la vision et connaissance du pays.
Par contre, le fait de marcher avec des tunisiens, marocains ou mauritaniens dans le Sahara ne peut pas nous donner une vision réelle des mœurs du pays. Ils doivent savoir qu'on ne connaît pas forcément la culture du pays dans lequel nous nous trouvons. De ce fait, ils font parfois office de guides touristiques. Et, ainsi, je pense qu'ils sont beaucoup plus tolérants envers nous qu'envers leurs propres concitoyens sur certains sujets.
J'ai été surpris d'apprendre que Zaïd ne travaille pas seulement pour Terdav mais pour Voyageurs du Monde de façon générale, et surtout qu'il n'est pas un spécialiste du désert à proprement dit. Son domaine de prédilection c'est la montagne.
Une filière permet aux Marocains qui le désirent de devenir guide à travers examens théorique et de pratique. Ils sont formés pour accompagner les touristes au Maroc, que ce soit de la haute montagne ou du désert.

On continue de marcher dans ce désert minéral et fossilisé. Je n'aurais jamais cru rencontrer autant de fossiles.

La marche de l'après midi est finalement assez courte.

Il est 18h10. Je suis allé chercher ma dune après qu'on ait pris notre habituel thé de l'après midi, avec des gâteaux secs légèrement ensablés. Des gâteaux secs, pas des sablés !
Le soleil s'est couché, une légère brise nous rafraîchit. Chacun est sur sa dune à contempler le paysage et profité du temps présent.
Au loin, malgré la brise, on entend l'équipe chamelière s'affairer au repas du soir. Comme pour se donner du courage, ils chantent, utilisent les plats comme des percussions. C'est agréable d'entendre ces sons harmonieux dans ce paysage sublime.

Hier soir, nous avons eu une tagine. Ce soir, qu'est ce que ça sera ?

Cette nuit, je dors à la belle étoile. On sera 4 à tenter l'aventure. Trois personnes avaient dormi la veille à la belle étoile mais à l'abri du vent, en se mettant derrière la tente collective. C'est astucieux sauf dans le cas d'un vent qui change de direction en cours de nuit. C'est parfois le cas. Je prie pour qu'il ne pleuve pas ce soir.

18h40. Il fait nuit. J'aperçois au loin les feux de 5 véhicules qui doivent chercher un coin pour passer la nuit.
La lune apparaît faiblement ainsi que les premières étoiles. Le quartier est assez petit, plus petit que je ne l'ai jamais vu auparavant. Est-ce un mirage ? Pas la nuit … étrange …

Bonne nuit

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